Monsieur le recteur, les personnels administratifs et techniques ne sont pas des sous-personnels !

Depuis près de deux semaines, les lycéennes et les lycéens se mobilisent, rejoints par les étudiantes et les étudiants, parce qu’ils refusent massivement des conditions de scolarité, d’étude et de vie devenues insupportables. Ces mobilisations sont largement soutenues par les personnels et les parents d’élèves.

En réponse à ces mobilisations, le gouvernement continue ses provocations en annonçant jour après jour des mesures budgétaires contre les salariés, contre les jeunes, contre les retraités, contre les malades, contre les familles. Rien pour répondre aux inquiétudes d’une jeunesse dont l’avenir est lourdement menacé par la multiplication des guerres, l’urgence climatique, l’explosion de la pauvreté ou encore l’affaiblissement des Services publics !

Le SPASEEN-FO dénonce ces méthodes que nous connaissons parfaitement en tant que syndicat de personnels administratifs : plutôt que d’ouvrir un dialogue respectueux et d’entendre les revendications de la jeunesse, le gouvernement, s’appuyant sur ses recteurs et ses préfets, annonce fièrement jour après jour des arrestations par milliers et méprise les attentes légitimes. Quiconque s’intéresse sérieusement au bon fonctionnement du Service public de l’Education nationale ne peut nier le bien-fondé de ce qu’expriment les lycéens et leurs représentants.

En outre, il est évident que la présence policière massive n’a fait qu’accroître les tensions et créer le désordre.

Dans l’académie de Grenoble, des établissements scolaires comme le rectorat ont été le théâtre d’évènements gravissimes : incendies, saccages, intrusions, violences contre des personnels, etc.

Le SPASEEN-FO, comme sa fédération la FNEC FP-FO et comme les représentants des lycéens, condamne toute violence envers les personnels et les élèves et dénonce la réponse exclusivement répressive des autorités. La violence ne sera jamais l’outil de notre action syndicale et entraîne la souffrance de tous. Le SPASEEN-FO exprime toute sa solidarité aux personnels victimes de toute forme de violence, au point pour certains d’avoir dû fuir leur logement de fonction avec leur famille et aux lycéens victimes de tirs de LBD à hauteur de visage ou matraqués alors qu’ils exercent leur liberté fondamentale de se réunir et de manifester.

Dans ces circonstances, des chefs d’établissements, en lien avec le recteur et les préfets, ont dû décider de fermer des lycées, au motif de la sécurité des élèves et des personnels. Pourtant, la direction académique a une nouvelle fois ignoré les personnels administratifs et techniques, en les maintenant sur leur lieu de travail. Ce n’est pas acceptable : quand la sécurité n’est plus garantie pour les élèves, elle ne l’est pour personne.

Les personnels administratifs exercent déjà dans des services sous tension, fragilisés par des années de suppressions de postes et de restructurations. Ils n’ont pas à subir, une fois encore, les conséquences d’une politique qui offre peu d’avenir à la jeunesse, tout en multipliant la promotion de l’engagement militaire et les milliards d’euros consacrés aux armées.

Pour FO, les personnels administratifs ne sont pas des personnels de seconde zone. Ils sont indispensables au fonctionnement de l’École publique et doivent bénéficier, comme tous les personnels, de respect, de reconnaissance et de protection.

Protéger les personnels n’est pas une option : c’est une obligation de l’employeur.

Le vendredi 2 octobre, les personnels du rectorat d’académie de Grenoble ont été confinés plusieurs heures, contraints de se réfugier dans les couloirs pour éviter d’éventuels tirs de mortier. Aucun représentant de la direction académique n’a daigné réunir ou contacter les représentants des personnels des services déconcentrés !

Dans toute l’agglomération grenobloise, l’interruption des transports en commun dès le jeudi 1er octobre posait une question élémentaire : comment les personnels rentrent-ils chez eux lorsqu’ils sont maintenus dans les établissements et les services ?

Dans ce contexte également, ce sont encore les services administratifs et de gestion, notamment les secrétaires généraux d’EPLE, qui devront organiser la reprise de l’activité et gérer les conséquences matérielles, au prix d’heures supplémentaires encore une fois non rémunérées. Cela ne peut plus être la norme.

Le SPASEEN-FO sera toujours aux côtés des personnels administratifs pour défendre leurs droits, leur sécurité, leur santé et leurs conditions de travail. Pour le SPASEEN-FO, par leur détermination loin de la logique stérile des « journées d’action », les lycéennes et les lycéens nous montrent la voie à suivre. Leurs revendications sont légitimes, comme celles des personnels qui refusent les mesures d’austérité qui sont prévues dans le projet de loi de finances 2027.

Pour toutes ces raisons, nous serons aux côtés des lycéens, rejoints par les étudiants, mardi 6 octobre. Le SPASEEN-FO appelle à rejoindre les manifestations organisées partout dans l’académie de Grenoble.